Pleins feux sur nos membres : Jade Degrandmaison

Au Canada, près d’un adulte sur cinq souffre de douleur chronique. En plus d’altérer significativement la santé et la qualité de vie de nombreux patients, la douleur chronique représente également un fardeau socio-économique considérable. Afin de soulager les douleurs sévères aigües, l’utilisation des opioïdes, comme par exemple la morphine, demeure encore aujourd’hui le premier choix de traitement. Bien que très efficaces pour contrer ce type de douleur, leur utilisation à long terme peut entraîner le développement d’effets secondaires indésirables importants, tels que des dépressions respiratoires, des nausées et de la dépendance.

À ce jour, les opioïdes prescrits en clinique ciblent principalement le récepteur aux opioïdes de type Mu. L’activation de ce récepteur procurera ainsi les effets bénéfiques recherchés (anti-douleur), mais aussi, par la même occasion, la panoplie d’effets indésirables. Jade Degrandmaison, étudiante au doctorat en pharmacologie à l’Université de Sherbrooke, s’intéresse depuis plusieurs années à un autre membre de la famille des récepteurs aux opioïdes, soit le récepteur de type Delta (DOPr), puisque son activation présente beaucoup moins d’effets secondaires.

Dans l’article récemment publié, elle révèle pour la première fois un ensemble de plusieurs protéines interagissant avec le DOPr. Les retombées de ses recherches sont d’autant plus importantes lorsque l’on considère que l’approche développée ici avec le DOPr pourrait être utilisée afin d’étudier n’importe quel autre récepteur de la même famille, dont certains sont impliqués dans d’autres maladies telles que le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Elle a obtenu le prix Relève étoile Jacques-Genest du Fonds de recherche du Québec – Santé en janvier 2021 pour l’article intitulé In vivo mapping of a GPCR interactome using knockin mice publié dansProceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS). Félicitations!